FANANTENANA

Association Courchoise en aide aux enfants de Madagascar
La Grenouille a rencontré Raymond Manceau, courchois, créateur et tréso­rier de cette association au service des enfants de Madagascar et de leurs familles avec le concours de Didier Delobelle, président de l’association.

Une aventure familiale
Le grand-père de Raymond Manceau était médecin colonial à Madagascar à la fin du 19e siècle et y épousa une malgache. Son père, né là-bas, vint faire son service militaire et se maria en France, mais retourna ensuite dans son pays natal comme ingénieur des Eaux et Forêts. Raymond est né dans cette colonie française devenue indépendante en 1960, et y a vécu jusqu’à 5 ans, quand sa famille est revenue vivre en métropole.
Raymond a donc vécu essentiellement en France et, à une certaine époque, il décida de partir à la recherche de ses origines familiales, d’abord en France puis sur place à Madagascar. De nombreux contacts lui permirent de concrétiser ses recherches et même d’honorer le sou­venir de son père en lui offrant une sépulture dans son village natal.

Les débuts d’une mission humanitaire
Cette démarche occasionna de nombreuses rencontres, en particulier avec les soeurs franciscaines missionnaires de Marie, qui oeuvrent sur place auprès des enfants, notamment dans des dispensaires. Madagascar est un des 5 pays les plus pauvres du monde et Raymond et Franciane, son épouse, témoins de l’immense besoin d’aide huma­nitaire de ces populations, particulièrement les enfants, se sont rapide­ment investis auprès d’eux.
C’est ainsi qu’ils commencèrent en 2004 à oeuvrer concrètement sur le terrain sous diverses formes, à l’occasion de nombreux voyages sur place. Cette action humanitaire individuelle s’est petit à petit structurée et les a conduits à créer en 2013 l’association Fanantenana (qui signifie « espoir » en malgache) domiciliée à Cour-Cheverny et qui compte aujourd’hui une cinquantaine d’adhérents (quelques-uns de nos com­munes, les autres venant de toute la France).

Une action très ciblée : école et santé
Une école de Madagascar
L’activité de l’association se concentre sur une zone très précise, à Morondava, sur la côte du Canal du Mozambique, 700 km à l’ouest de Tananarive. Elle consiste essentiellement à réunir et mettre en place des fonds (les cotisations et dons des adhérents) pour financer :
« l’écolage », c’est-à-dire la scolarité des enfants, depuis la maternelle jusqu’à la terminale, voire au-delà. Il faut savoir qu’à Madagascar, 90 % des écoles sont privées et sont les seules à produire un enseignement de qualité. Une année de scolarité coûte 90 euros, le salaire journalier d’un ouvrier étant d’environ 1,50 € (un litre d’essence coûte 1,20 €).
- un « contrat santé », pour 20 € par an (médecin, analyses, médica­ments, dentiste, lunettes, etc).
L’aide de l’association est très ciblée et chaque adhérent peut, s’il le souhaite, consacrer ses dons à un seul enfant. Cette organisation permet de s’assurer que les dons sont effectivement utilisés selon les besoins définis, sans possibilité d’être dépensés ou dilapidés ailleurs.
La mise en place de ces contrats exige un travail important pour cibler les besoins, agir auprès des familles et des intervenants locaux, et contrôler ensuite ces actions personnalisées.
L’association agit ainsi auprès d’une quarantaine d’enfants. Les dons des adhérents permettent aussi de financer des actions plus spécifiques : chirurgie auprès d’enfants souffrant de malnutrition, nés avec des mal­formations, ou victimes de brûlures. L’association participe également à la mise en place de pompes à eau, ou de microcrédits pour aider le démarrage d’activités professionnelles.
Chaque année, Raymond et son épouse passent 5 semaines (à leurs frais) auprès de ces populations pour mettre en place tout ce dispositif et en contrôler les résultats obtenus, ce qui les motive pour continuer leur action.

Fanantenana
Joli nom, plein d’espoir, pour cette association qui ne cherche pas à développer son champ d’action et reste concentrée sur des actions très ciblées. Avec des moyens modestes, mais des objectifs très précis, le tra­vail et la générosité des adhérents (on peut donner ce qu’on veut, même de petites sommes) permettent de changer le destin de ces enfants.

Renseignements : 
Raymond Manceau : 22, clos de la Borderie à Cour-Cheverny. 
Tél. 02 54 79 94 62 
Email : pape2@wanadoo.fr


Le Triton - La Grenouille n°31 - Avril 2016